lundi 31 mai 2010

Arrestation de Peter Erlinder

Maître Peter Erlinder, avocat de nationalité américaine et président de l’association des avocats de la Défense au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) a été arrêté à Kigali le 28 mai 2010 alors qu’il s’y trouvait pour y assurer la défense de madame Victoire Ingabire, candidate hutu aux élections présidentielles du 9 août 2010, elle-même emprisonnée pour « négation du génocide, divisionnisme ethnique et terrorisme ». Maître Erlinder qui est poursuivi pour « négation et occultation du génocide » devrait être présenté devant la justice rwandaise en début de semaine. Il risque en théorie une peine de plusieurs années de prison.
Cette arrestation qui a provoqué une vive émotion aux Etats-Unis, principal soutien de Kigali, semble insolite tant ses conséquences vont rapidement apparaître comme contre-productives pour un régime devenu nerveux en raison des dissidences apparues au sein même de son premier cercle. En consultant l’impressionnante liste de personnages-clé du FPR,-hauts gradés de l’armée, de ministres, d’ambassadeurs etc.-, qui ont quitté le pays, ou qui y ont été emprisonnés, il est désormais difficile de ne pas parler d’autodestruction du système Kagamé. Après le général Faustin Kayumba Nyamwasa, longtemps numéro deux du régime et aujourd’hui réfugié en Afrique du Sud où il a rejoint le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs, plusieurs très importants responsables militaires tutsi ont ainsi été suspendus ou mis aux arrêts, dont le général Emmanuel Karenzi Karake, ancien commandant en second de la mission de paix ONU-UA (Minuad) déployée au Darfour et le général Charles Muhire, ancien chef d’état-major des forces aériennes.
Le régime est également engagé dans une course contre la montre avec la justice internationale, les procédures judiciaires entamées par les juges Jean-Louis Bruguière en France et Fernando Andreu Merelles en Espagne étant toujours d’actualité en dépit des pressions subies par les juges français. Paul Kagamé est ainsi suspecté par la Justice française d’être le concepteur et le donneur d’ordre de l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana, attentat qui fut l’élément déclencheur du génocide ; quant à la Justice espagnole, elle l’accuse d’être l’organisateur des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes de terrorisme dont sont collectivement accusés 40 officiers rwandais inculpés par l’Audiencia Civil. Quant au TPIR, c’est uniquement parce que les Etats-Unis d’Amérique y ont mis leur veto que les actes d’accusation contre les plus hauts dignitaires du FPR n’ont pas été signés par le Procureur.
Au mois d’avril 2010, Maître Erlinder a directement porté plainte aux Etats-Unis contre le président Paul Kagamé qu’il accuse d’avoir fait abattre l’avion du président Habyarimana. Cette plainte a été reçue comme une provocation à Kigali car de plus en plus nombreux sont les Américains qui commencent à s’interroger sur la nature du régime rwandais et qui se demandent pourquoi leur administration a toujours bloqué toute enquête du TPIR concernant cet attentat.
C’est dans ce contexte chargé que le président Kagamé s’est senti « nargué » par l’influent avocat et qu’il a décidé de le faire arrêter, commettant ainsi une faute politique dont les conséquences vont être lourdes pour lui.

Bernard Lugan
30/05/2010

mardi 25 mai 2010

Afrique Réelle N°5 - Mai 2010


























SOMMAIRE :

Actualité : Rwanda
- Le régime est-il en phase de désintégration ?
- Les conseillers de l'Elysée devraient apprendre l'histoire
- Tentatives d'intimidation

Actualité : Afrique du Sud
- Portrait d'Eugene Ney Terreblanche

Dossier : L'immigration choisie, nouvelle forme de Traite des Noirs ?

EDITORIAL :

Depuis un quart de siècle l’historiographie africaine a fait des progrès considérables, bouleversant les dogmes de la pensée dominante sur laquelle est fondée la culture d’asservissement de l’Europe. Ainsi :
- En 1986, puis durant la décennie 1990, le postulat selon lequel la richesse de l’Europe fut fondée sur l’exploitation de ses colonies africaines a été pulvérisé par Jacques Marseille et par les historiens britanniques. Journalistes, artistes et invités des émissions de télévision continuent à pourtant à ânonner les poncifs éculés du « pillage colonial ».
- En 2005, Daniel Lefeuvre démontra que la France s’était ruinée en Algérie et que les « 30 glorieuses » ne devaient rien à la main d’œuvre immigrée venue d’Algérie. Le président Bouteflika exige pourtant des excuses de la part de la France.
- Dans le domaine de la traite des Noirs, Olivier Pétré-Grenouilleau et les historiens anglo-saxons réduisirent à néant le postulat selon lequel la révolution industrielle Européenne résultait directement de la traite. Ils mirent également en évidence l’étroite association de bien des royaumes africains au phénomène, démontrant qu’en réalité, une partie de l’Afrique avait vendu l’autre aux Européens. L’acte d’accusation de la seule Europe est pourtant toujours psalmodié, cependant que la Traite musulmane est régulièrement occultée.
- Pour ma part, j’ai longuement mis en évidence, et cela depuis une quarantaine d’années, l’importance du fait ethnique. Après avoir été nié jusqu’à l’absurde, ce dernier est désormais cité par les journalistes parce qu’ils ne peuvent plus l’occulter. Ils tentent cependant de l’amoindrir, cherchant à faire croire qu’il serait en partie le résultat de la colonisation, ou bien ils le vident de son sens. Ainsi au Nigeria les affrontements traditionnels entre pasteurs peuls (Fulani) et agro pasteurs birom (voir Afrique Réelle n°3) sont présentés comme un choc religieux, explication tronquée car ces heurts sont multi séculaires alors que l’islam n’est présent dans la région que depuis la fin du XVIII° siècle et le christianisme que depuis les années 1900-1920… Il en coûte aux universalistes de reconnaître que les hommes sont différents et que partout dans le monde quand le principe de vie « une terre, un peuple » n’est pas respecté, les affrontements sont inéluctables.
- En Afrique du Sud, tous les historiens admettent désormais que, sur 1/3 du pays les Blancs ont l’antériorité sur les Noirs et cela pour des raisons climatiques que je détaille dans mon dernier livre, mais, dans les médias, il est toujours affirmé que les Blancs ont dépossédé les Noirs.
- Sous nos yeux, les mythes imposés par l’actuel régime de Kigali explosent les uns après les autres, alors que, dans les médias, l’histoire officielle du génocide du Rwanda est encore ultra dominante.

Si les historiens se remettent en cause, actualisant constamment l’état des connaissances, le monde médiatique demeure donc enfermé dans les certitudes et les approximations imposées par le politiquement correct. Comme les citoyens l’ont enfin compris, ils ne font donc plus confiance aux journalistes et c'est pourquoi la presse d’information sur support papier est moribonde. Le Figaro est certes encore lu, mais essentiellement pour son carnet du jour. Libération et Le Monde ne survivent que par les aides de l’Etat et les abonnements institutionnels ; quant à la presse régionale, elle se maintient grâce aux renseignements de proximité qu’elle donne.
Désormais, la vraie information libre est faite par Internet qui permet de contourner la censure ou les pesanteurs de la pensée dominante. C’est dans cet appel d’air que s’est engouffrée l’Afrique Réelle. Pour devenir une tornade il lui faut encore augmenter son audience, donc ses abonnés.

Bernard Lugan

vendredi 14 mai 2010

Historique de la confrontation Noirs/Blancs en Afrique du Sud

Bernard Lugan fait une mise au point sur les premières confrontations entre les populations noires et les premiers blancs en Afrique du Sud.

Occupation du territoire en Afrique du Sud

Benard Lugan revient sur la question de l'antériorité des blancs sur une certaine partie du territoire Sud Africain (Realpolitik.tv).

samedi 8 mai 2010

Interview pour la sortie de l'histoire de l'Afrique du Sud

Philippe Conrad, interroge Bernard Lugan sur son dernier livre Histoire de l'Afrique du Sud (Realpolitik.tv).


Première partie


Seconde partie